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C. GERONDEAU 

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01.47.20.37.23 

06 86 37 63 67 

Adresse : 76 avenue Marceau 75008 

PARIS

25 janvier 2008 

ÉOLIENNES : LA GRANDE ARNAQUE 

Selon la légende, l’Ouest américain était autrefois parcouru de chasseurs de 

primes. C’est désormais notre pays qui est sillonné de chasseurs d’un tout 

autre genre. Ceux-ci ne font pas métier de la poursuite de bandits, mais de 

signatures. Le jeu consiste à obtenir de la part des 36 000 maires que compte

notre pays l’autorisation de construire  des éoliennes sur leur territoire. La 

recherche est sans aucun risque, le profit est garanti par l’Etat et payé par

EDF, et la récompense d’une ampleur à laquelle n’auraient jamais osé rêver 

les desperados du Far-West. 

Une transaction vient en  effet de défrayer la chronique. Le groupe Suez a 

racheté il y a quelques jours 50,1 % de la « Compagnie du Vent » pour un 

montant de 321 millions d’euros, valorisant cette entreprise à quelques 640 

millions d’euros. Ce serait là une transaction banale, si la « Compagnie du

Vent », spécialisée dans la promotion d’éoliennes, n’était une PME de 

60 salariés dont le chiffre d’affaires n’excède pas aujourd’hui 11 millions !  

Bien entendu, ce n’est pas l’activité actuelle de l’entreprise qui a pu justifier un 

seul instant le montant mirobolant payé par Suez. Ce que celui-ci a valorisé à 

un tel niveau, c’est le portefeuille des accords obtenus auprès de maires 

ruraux par le promoteur et fondateur de la « Compagnie du Vent », un certain 

Jean-Michel Germa. Celui-ci, qui possédait l’autre moitié de la « Compagnie 

du Vent », est donc aujourd’hui à la tête d’une fortune d’au moins 300 millions 

d’euros. 

Le nombre de signatures recueillies par l’intéressé est évidemment 

confidentiel, mais la presse s’accorde généralement à estimer que les accords 

obtenus portent sur un total de 2000  Mégawatts, ce qui valorise chaque

Mégawatt à plus de 300 000 euros. Une « ferme » éolienne (belle 

appellation…) comprend d’habitude de 6 à 10 éoliennes, et sa puissance 

totale varie de 12 à 30 Mégawatts. Le calcul est donc vite fait. La valeur de

chaque signature obtenue varie de plus de 3 millions d’euros pour les 

projets « modestes » à près de 10 millions pour les plus grands, le tout

en toute légalité et sans le moindre risque. 

On comprend que les « chasseurs de signature » se comptent désormais par 

centaines, et que l’on  commence à parler des fortunes ainsi bâties en 

quelques années sinon en quelques mois. Le Magazine  « Challenges »  cite 

1ainsi un certain M. Paris Mouratoglu  dont le portefeuille est évalué à 660 

millions d’euros, un M. François Pélissier, qui s’est lancé dans le « business » 

éolien il y a 4 ans seulement et dont la fortune atteindrait aujourd’hui 125 

millions, etc. Tous d’illustres inconnus dont les gains outrepassent dans des 

proportions qui défient l’imagination les salaires et les stock options des 

dirigeants de nos grandes entreprises qui défraient la chronique. Par dizaines 

sinon par centaines, pharmaciens, dentistes, ingénieurs, artisans, agriculteurs, 

etc., ont tout abandonné pour participer à cette ruée vers l’or des temps 

modernes, et on les comprend. Comme le déclare l’un de ces heureux 

promoteurs : « Il s’agit d’un business model parfait : un contrat de quinze ans

avec un client unique qui paye à 30 jours : EDF ».  

Ce qu’on comprend moins en revanche, c’est comment un pays tel que le 

nôtre, réputé civilisé et développé, a pu mettre en place les conditions d’une 

aussi grande arnaque sur le dos du consommateur d’électricité qui devra en 

définitive payer l’addition. 

Pour comprendre comment nous avons pu arriver à une telle aberration, un 

retour en arrière est nécessaire. Tout a commencé il a trois décennies en 

Allemagne, lorsque le mouvement vert  a pris son essor. Les « Grunen » 

avaient une obsession : la phobie du nucléaire. Etant parvenus au pouvoir, ils 

ont imposé le renoncement aux centrales atomiques. Non seulement il n’est 

plus question d’en construire Outre-Rhin, mais celles qui existent doivent être 

progressivement démantelées de telle  sorte que nos voisins ont désormais 

une politique énergétique à deux faces. 

Parce qu’ils ont besoin d’électricité, ils construisent en grande quantité et en 

toute discrétion des centrales à gaz et à charbon, émettrices massives de gaz 

à effet de serre. Mais, pour le masquer, ils ont couvert leur territoire 

d’éoliennes qui sont essentiellement des leurres. En Allemagne comme 

ailleurs, les éoliennes sont des sources intermittentes qui ne fonctionnent que 

lorsqu’il y a du vent, c’est-à-dire un quart du temps en moyenne. Il faut donc, 

l’essentiel du temps, avoir recours à  des centrales thermiques polluantes.

Comme l’a déclaré à propos du Danemark Anne Lauvergeon, la Présidente 

d’AREVA : « L’hydraulique et le nucléaire sont des énergies qui fonctionnent 

en base, c’est-à-dire par tous les temps. L’éolien et le solaire sont des 

énergies d’appoint. Elles ne produisent que quand il y a du vent et du soleil. 

Elles nécessitent donc la mise en place de « back-up ». Le pays qui a le plus 

développé l’éolien est le Danemark avec 13 % d’éolien dans son bilan 

énergétique. Il y a ainsi 13 % de centrales au fuel qui démarrent quand le vent

ne souffle pas. Ce n’est  pas une façon efficace  d’éviter la pollution de 

l’atmosphère ». ( Revue « Défense  n° 117 sept-oct 2005»). 

Il ne faut donc pas s’étonner que les  Allemands, avec 10 tonnes de gaz 

carbonique émises par habitant et par an contre 6 pour nous, soient les plus 

grands pollueurs d’Europe pour avoir appliqué la politique de leurs 

écologistes. 

2Avec une dizaine d’années de décalage, les Verts français ont suivi leurs 

homologues germaniques et sont devenus les ardents propagandistes du 

mythe des énergies renouvelables. Mais notre situation n’est pas du tout celle 

de l’Allemagne. Grâce à une génération  de grands ingénieurs précurseurs,

près de 80 % de notre électricité est  produite par un parc nucléaire très 

largement dimensionné et 15 % le sont par nos équipements hydrauliques, de 

telle sorte que, la plupart du temps, nous n’avons aucun besoin de capacité 

supplémentaire. Bien au contraire, nous sommes  de  très  loin  le  premier

exportateur mondial d’électricité, avec 345 jours de balance positive sur 365.

Les éoliennes apparaissent alors clairement pour ce qu’elles sont : à la fois la

conséquence et l’alibi du refus du nucléaire. La vérité, c’est que Nucléaire et 

Eoliennes sont antinomiques. 

De surcroît, fait sans précédent, notre consommation d’électricité a cessé de 

s’accroître depuis 4 ans. Elle s’est chiffrée en effet à 480 Terawattheures en

2007, soit au même niveau qu’en 2004. Contrairement à ce qui peut

éventuellement se passer ailleurs, la construction d’éoliennes est donc inutile 

dans notre pays, puisqu’elles ne répondent à aucun besoin, la durée de vie de 

nos centrales nucléaires  ayant été prolongée de plusieurs décennies. Il 

n’empêche. Aveuglés par leur idéologie, les « Verts » français ont repris sans 

réfléchir les arguments de  leurs homologues étrangers. Leur comportement 

paraît d’autant plus illogique qu’ils préconisent par ailleurs une réduction de 

notre consommation électrique de l’ordre de 20 % en 2020, ce qui accroîtrait

encore notre excédent (hypothèse Négawatt). Mais il est vrai que leur objectif 

réel est d’obtenir la fermeture de nos centrales nucléaires. 

Les Verts n’ont pas été les seuls, et l’invraisemblable situation qui est 

aujourd’hui la nôtre ne pourrait se comprendre si l’on ne prenait en compte 

l’action – ou l’inaction – d’autres parties prenantes dont le rôle a été majeur. 

Au premier rang de ceux-ci figurent les promoteurs d’éoliennes. Membre du 

« Syndicat des Energies Renouvelables » (SER), l’association « France 

Energie Eolienne » (FEE) fait ce qu’il faut pour défendre sa cause. Disposant 

de moyens considérables, rarement lobby aura été aussi bien organisé. Mais

rarement lobby aura autant travesti la réalité comme chacun peut s’en rendre 

compte en consultant son site internet. 

Dès la première page, l’électricité éolienne est présentée comme permettant

de « préserver nos ressources fossiles et d’éviter l’émission de gaz à effet de 

serre, responsables du dérèglement climatique qui a déjà commencé à altérer

certains paysages de manière irréversible, à menacer diverses espèces de la 

faune et de la flore mondiale, et à entraîner des modifications climatiques qui

vont impliquer des exodes massifs de population ! »  Omniprésent, l’argument 

de la lutte contre le réchauffement climatique est donc le mensonge fondateur, 

puisque que 95 % de notre électricité sont d’ores et  déjà émis sans aucun

rejet de gaz à effet de serre.  

Il n’est pas le seul. On apprend  aussi dans les mêmes documents que 

l’électricité éolienne nous garantit une « sécurité d’approvisionnement »  alors 

3que les éoliennes fonctionnent l’équivalent d’un quart du temps et de manière 

aléatoire, détail passé sous silence pour des raisons évidentes : la faiblesse 

rédhibitoire des éoliennes, c’est qu’il est  impossible de compter sur elles, et

qu’elles constituent une fausse solution face à des besoins qui sont 

permanents.

On apprend encore sur le même site que les éoliennes sont un succès au 

Danemark, alors que ce pays vient d’en arrêter l’implantation en 2006 car il 

n’arrivait plus à gérer une énergie aussi intermittente.

Qu’un organisme de lobbying puisse mentir autant n’étonnera peut être pas 

grand monde. Mais que la structure officielle en charge de guider les pouvoirs

publics et l’opinion reprenne à son compte ces contrevérités et les amplifie au 

lieu de les contrer est beaucoup plus grave. On peut lire en effet dans les 

publications que l’ADEME consacre au sujet :  « De  nombreuses espèces

animales et végétales vont disparaître. Il est primordial de ralentir et d’atténuer 

les perturbations liées à l’effet de serre. Il faut donc diminuer notre production 

de gaz carbonique. L’utilisation des énergies renouvelables va dans ce sens. 

L’énergie éolienne est dans ce domaine très prometteuse ». En d’autres 

termes, il s’agit d’un « copié-collé » des  affirmations fallacieuses citées plus 

haut. 

Emporté par son militantisme, l’organisme public affirme  aussi que chaque

éolienne de 2 mégawatts « alimente 2000 foyers » sans préciser ce qui 

survient les trois quarts du temps où elle ne fournit pas d’électricité. Un récent 

sondage (IPSOS décembre 2007) a d’ailleurs mis en évidence que la majorité 

des Français pensait que les éoliennes fonctionnaient les trois quarts du 

temps. Seuls 14 % savent qu’elles ne produisent de l’électricité qu’un quart du 

temps. Près de neuf Français sur dix sont donc maintenus dans l’erreur, ce qui 

n’a rien d’étonnant puisque les organismes officiels leur cachent la vérité ! 

L’ADEME va même plus loin lorsqu’elle se place sur  le plan esthétique, ne 

craignant pas d’affirmer que « les éoliennes offrent la possibilité de créer de

nouveaux paysages comme dans les siècles passés les aqueducs (Le Pont du 

Gard sans doute), les viaducs ferroviaires ou les moulins à vent ». 

La comparaison prêterait à sourire si le sujet n’était très grave. Il y a peu de 

temps encore, l’automobiliste qui traversait le Massif Central entre ClermontFerrand et la Méditerranée par l’autoroute A 75 pouvait voir l’un des plus 

beaux paysages d’Europe. Camaïeux ininterrompus de prés, de forêts et de 

landes parsemés de rares habitations, les panoramas successifs se 

déroulaient, plus séduisants les uns que les autres, façonnés par le travail des 

innombrables générations qui nous ont précédés. 

Hélas, il faut maintenant parler au passé ! De part et d’autre du parcours, de 

gigantesques éoliennes commencent à agiter leurs bras monstrueux et à 

rendre impossible la contemplation des paysages que nous ont légués nos 

prédécesseurs. Il faut savoir que les installations récentes, hautes comme des 

4immeubles de 40 étages, ont 150 à 180 mètres de haut et sont visibles à dix 

kilomètres à la ronde, hors de toute proportion avec nos villages, nos

monuments et nos sites (cf. illustration jointe). Chacune de ces éoliennes 

nécessite des fondations de béton armé de plus de 1000 tonnes et il faut des 

convois spéciaux pour transporter leurs mâts. La densité des implantations 

prévues est enfin telle que leur présence dans nos paysages va devenir la 

règle. Nous ne sommes qu’au début d’une catastrophe pour notre patrimoine 

sans précédent dans notre histoire. 

L’ADEME participant ainsi à la désinformation, on aurait pu croire que les 

entreprises publiques du secteur de l’énergie allaient se mobiliser pour contrer 

celle-ci, faire connaître la vérité, et  épargner à notre pays des dépenses 

inutiles. Aucun de ceux qui travaillent dans ces grandes maisons ne croit en 

effet un instant aux contrevérités énoncées ci-dessus. Tous savent que le 

nucléaire est la seule source qui puisse produire massivement du courant 

sans rejeter de gaz à effet de serre et que, hors de l’hydroélectricité, les 

énergies renouvelables ne peuvent jouer qu’un rôle marginal. 

Mais les choses ne se sont pas passées ainsi. Face au totalitarisme Vert, les 

dirigeants successifs  de ces grandes entreprises ont préféré abonder dans le 

sens des écologistes, espérant ainsi acquérir la paix pour leurs activités 

nucléaires.  Nos journaux sont aujourd’hui remplis de publicités « pleine 

page » de ces entreprises, illustrées d’éoliennes destinées à montrer à quel 

point elles sont « citoyennes ». Grâce à elles, les éoliennes sont devenues un 

symbole de la défense de l’environnement et il ne faut pas s’étonner qu’ainsi

désinformés, neuf sur dix de nos concitoyens s’y déclarent favorables,

inconscients de ce qui est en marche. 

Dans un tel contexte, il ne faut pas  s’étonner non plus de la position de 

l’administration. Rares en son sein sont ceux qui sont conscients de la réalité, 

et ils n’ont de toute façon pas voix au chapitre, ce qui explique l’adoption de

trois textes successifs qui ont jeté les bases du désastre. 

Une loi du 13 juillet 2005 a tout d’abord stipulé que la part de notre électricité 

provenant des énergies renouvelables devrait atteindre 21 % en  2010, c’est-

à-dire s’accroître de moitié en cinq ans, objectif inaccessible lorsque l’on sait 

que la seule manière de  l’atteindre serait d’accroître massivement notre

production hydroélectrique ! Le même texte  a surtout prévu la création de

« Zones de Développement de l’Eolien » (ZDE), ce qui pouvait laisser croire

que les éoliennes seraient dorénavant implantées dans le cadre d’un plan 

national en certains points du territoire seulement, par exemple dans certaines

parties de certains départements nommément désignés. Sans doute les 

parlementaires qui ont voté la loi l’ont-il cru. 

Une circulaire catastrophique du 19 juin 2006 est venue lever cette illusion.

Après avoir loué à nouveau leurs imaginaires vertus, celle-ci instaure la quasiliberté d’implantation des éoliennes sur l’essentiel du territoire. Adressée aux 

préfets de la totalité de nos 100 départements, elle leur accorde le pouvoir de 

5décider de la création des ZDE sur proposition des maires. La seule consigne 

claire qui leur est donnée est de « veiller à la cohérence départementale de 

celles-ci », ce qui suppose implicitement que chaque département en 

comptera un grand nombre. On s’oriente donc vers la création anarchique de 

milliers de ZDE, ce qui vide la loi de toute signification. Au lieu d’être des 

exceptions, les ZDE sont devenues la règle. Chaque commune peut devenir 

une ZDE.

Autrement dit, le feu vert a été donné aux chasseurs de signatures pour qu’ils 

puissent démarcher les maires en faisant miroiter les retombées futures de la 

taxe professionnelle, afin que ceux-ci  leur confient l’équipement de leur

territoire en éoliennes, et obtiennent du préfet le classement de leur commune 

en ZDE. Pourquoi celui-ci le leur refuserait-il puisqu’il reçoit des instructions 

vantant les mérites de l’éolien ?  

Il faut en venir maintenant à l’aspect financier des choses. Le site internet de 

« France Energie Eolienne » déjà cité proclame fièrement que « le coût moyen 

de l’électricité d’origine éolienne est passé à environ 4,4 centimes d’euro par 

kilowattheure pour une machine de 2 Mégawatts », ce  qui est une dimension 

désormais courante en France. Quelles pressions a-t-il fallu  pour qu’un arrêté 

ministériel du 26 juillet 2006 garantisse aux promoteurs d’éoliennes pendant 

15 ans un prix d’achat de 8,2 centimes d’euros, c’est-à-dire presque double 

du prix de revient, EDF ayant  l’obligation d’acquérir le courant à ce prix,

même si elle dispose au même moment d’électricité nucléaire dont le coût de 

revient marginal n’excède pas 0,5 centime d’euro  par kilowatt-heure d’après 

l’Agence Internationale de l’Energie ? 

Chaque éolienne de 2 Mégawatts garantit donc à  son promoteur 360 000 

euros de revenu annuel pour un temps de fonctionnement moyen annuel de 

2 200 heures. 

Dans le seul département de la Somme, 144 communes ont déposé des 

demandes de permis de construire des éoliennes. 60 ont obtenu une réponse 

positive à la date du 30 octobre 2007, pour la construction de plus de 500 

éoliennes délivrant une puissance totale de 496 Mégawatts, qui entraîneront

donc une dépense annuelle d’achat d’électricité par EDF de l’ordre de 100 

millions d’euros. 71 communes ont encore leur dossier à l’instruction, pour une 

puissance cumulée de 692 Mégawatts. Si elles obtiennent satisfaction, la 

dépense correspondante pour EDF sera de l’ordre de 140 millions d’euros par

an, portant le total annuel à 240 millions d’euros pour le seul département de 

la Somme.  

Au niveau national, les chiffres font frémir. Les objectifs officiels fixés par 

l’arrêté du 7 juillet 2006 étaient d’une puissance installée de 17 500 

Mégawatts en 2015. Les travaux du « Grenelle de l’environnement », fruits de 

l’alliance contre nature des écologistes et des lobbys industriels, les ont portés

à 25 000 Mégawatts. Quant à l’Europe dont le rôle est en l’occurrence 

désastreux, elle vient de fixer à la France l’objectif de porter de 10,3 % à 23 %

6de sa consommation totale d’énergie la part des énergies renouvelables, au 

sein desquelles elle refuse sous la pression des écologistes d’intégrer

l’électricité d’origine nucléaire, ce qui imposera sans doute de porter à 35 000 

MW la puissance éolienne installée sur notre territoire. Le lobby des éoliennes 

a donc gagné. Et quand on voit ce qui se passe dans le seul département de 

la Somme, rien ne permet de dire que ces chiffres ne seront pas atteints, voire 

dépassés. 

Les coûts d’achat correspondants par  EDF sont faciles  à évaluer. Sur une 

base de 2200 heures de fonctionnement par an et d’un prix garanti de 8,2 

centimes d’euros, ils s’élèvent à 3,15 milliards  d’euros annuellement pour 

17 500 MW installés,  à 4,15 milliards pour 25 000, et à 6,30 pour 35 000, soit 

le coût d’un à deux réacteurs nucléaires chaque année. Si l’objectif était de 

tenter d’obtenir le silence des écologistes, le moins que l’on puisse dire est 

que le prix payé est exorbitant. 

Les économies correspondantes seront en effet minimes, puisque l’électricité 

d’origine éolienne se substituera, à de rares exceptions près, à de l’électricité 

d’origine nucléaire dont le coût de revient marginal est  très faible. En 

supposant que l’économie atteigne 20 % des chiffres cités ci-dessus, ce qui 

est au-delà de la réalité, la dépense inutile pour le consommateur c’est-à-dire 

la ponction sur son pouvoir d’achat,  sera donc de l’ordre de 2,5 milliards 

d’euros par an dans la première hypothèse, de 3,3 milliards dans la seconde, 

et de 5 milliards dans l’hypothèse « européenne ». Ces sommes 

correspondent à un renchérissement de la facture d’électricité payée par les 

usagers domestiques de respectivement 10 %, 14 %, et 20 %. Autrement dit 

encore, de 100 euros par foyer et par an dans l’hypothèse la plus basse et de 

200 dans la plus élevée.  

Il faut savoir aussi que la décision de  fixer le prix d’achat de l’électricité

d’origine éolienne à un niveau aussi élevé a été prise malgré l’opposition 

déterminée et publique de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), 

organisme officiel chargé de veiller à  la bonne conduite  de notre politique

énergétique qui a estimé que  « le tarif proposé représente un soutien 

disproportionné au regard du bénéfice attendu » (journal officiel du 27 juillet 

2006). 

Ceci pour rien, si ce n’est pour l’enrichissement sans cause et dans des 

proportions inouïes de promoteurs d’autant plus dépourvus de tout scrupule

qu’ils agissent en toute légalité. Nicolas Hulot et les écologistes ne se doutent 

certainement pas qu’en promouvant les éoliennes,  ils font la fortune de 

promoteurs peu scrupuleux. 

Face à de telles perspectives, la conclusion s’impose : il faut arrêter tout 

lancement de nouvelles éoliennes, et le plus tôt sera le mieux. Pour y parvenir, 

deux modalités sont possibles, qui ne sont  pas exclusives l’une de l’autre.

Puisque ce sont les préfets qui délivrent les permis de construire, il suffirait en 

7premier lieu qu’ils reçoivent instruction de geler toute autorisation nouvelle 

jusqu’à plus ample information pour que tout s’arrête immédiatement. 

Il existe une seconde solution, qui reposerait sur la révision du tarif d’achat de 

l’électricité produite par les éoliennes, puisque c’est la fixation de celui-ci à un

niveau proche du double du  prix de revient qui est  à l’origine du désastre 

actuel. C’est ainsi qu’a procédé le Danemark lorsqu’il a constaté que la 

prolifération des éoliennes sur son territoire et en mer débouchait sur une 

situation ingérable du fait des variations brutales de leur production. Décidé il y 

a 2 ans, l’abaissement massif du tarif d’achat de l’électricité d’origine éolienne 

s’est traduite par le résultat qu’on pouvait attendre, c’est-à-dire pratiquement

l’arrêt de toute installation nouvelle. L’industrie danoise de fabrication des 

éoliennes fonctionne dorénavant uniquement à l’exportation, à destination 

notamment de la France puisque toutes les éoliennes installées sur notre

territoire proviennent de surcroît de l’étranger, au détriment de notre balance

commerciale et de nos emplois. 

S’agissant de notre pays, une division par un facteur de l’ordre deux du tarif

d’achat garanti réglerait la question, mettant fin à une rente aussi injustifiée 

qu’inique. 

Quelle que soit la solution retenue, l’urgence s’impose, car chaque mois perdu 

a pour conséquence des centaines de millions d’euros de dépenses inutiles 

que devra acquitter le consommateur d’électricité au cours des quinze ans à 

venir, au détriment d’un pouvoir d’achat qu’on veut améliorer par ailleurs. 

Lorsqu’il a conclu les travaux du « Grenelle de l’environnement » le Président 

de la République a déclaré : « … Je suis contre une forme de précipitation qui

se traduit finalement par la dégradation de l’environnement… Les éoliennes, 

d’abord sur les friches industrielles, loin des sites emblématiques…

Franchement, quand je survole certains pays européens, cela ne me donne 

pas envie. » 

Le Président de la République a raison. Les éoliennes défigurent de manière 

dramatique nos paysages, et tout particulièrement les plus beaux d’entre eux.

Ce motif suffirait à lui seul. Allons nous longtemps encore tolérer sans réagir le 

saccage d’une part essentielle de notre patrimoine ? 

Mais il s’y ajoute un argument d’ordre économique tout aussi déterminant. Ne 

répondant à aucune nécessité, les éoliennes sont une arnaque sans 

précédent dont sont victimes tous nos concitoyens, à l’exception de ceux qui 

ont su profiter jusqu’à présent de l’alliance de l’idéologie écologique et du 

poids des lobbys. 

Christian GERONDEAU 

Auteur de 

«  Ecologie, la grande arnaque » 

(Ed. Albin Michel) 

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